Fermée depuis deux siècles, « une des abbayes les plus importantes » de Maine-et-Loire rouvre au public
17 février 2026

Transformer le Logis de Nozay, un bâtiment Renaissance, en centre de santé pour femmes dans le quartier Monplaisir à Angers : c’est le projet doublement audacieux confié par la collectivité à Coralie Dasse, récemment diplômée architecte du patrimoine.


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#Patrimoine

Quand elles entreront dans la salle principale du Logis de Nozay, dès la rentrée prochaine si le chantier est livré dans les temps, les patientes de cette future maison médicale pourront laisser les mauvais esprits à l’extérieur, du côté du boulevard Galliéni.
Caractéristiques de l’art médiéval dans la religion chrétienne, les « engoulants » présents dans cette pièce, aux deux extrémités de la poutre maîtresse, avaient en effet pour fonction de conjurer le mauvais sort et de protéger l’édifice contre l’incursion d’esprits malfaisants par la toiture...

La poutre de gloire sera mise en lumière


Ces gueules de bêtes féroces qui symbolisent l’entrée de l’Enfer encadrent également des mascarons. Ces masques sculptés dans le bois pourraient représenter la figure du premier propriétaire des lieux, Jean Chardon, vers 1470.
Cette « poutre de gloire » sera mise en lumière dans le cadre du programme de réhabilitation qui a démarré le 5 janvier dernier. Le chantier vise à perpétuer et magnifier l’histoire de cette bâtisse, construite au milieu des champs quatre siècles avant que des barres HLM ne viennent les transformer en ZUP, au nord de la ville, pour répondre au besoin pressant de logements.
La porte et le solivage d’origine, le sol en marbre, ses cabochons en ardoise et la cheminée du XIXe siècle seront également valorisés.
D’autres éléments seront restitués sur la base des études historiques menées depuis novembre 2023 par Coralie Dasse, 50 ans, l’architecte mandataire, et sa consœur Diane Cholley.
« Ce projet n’est pas banal, c’est même un défi et une grande chance pour nous. Il y a à la fois un enjeu technique et un vrai besoin ». « Aménager une maison médicale pour les femmes au centre de ce quartier, ça fait sens et crée une continuité dans l’histoire », se félicite Coralie Dasse, basée à Saint-Barthélemy-d’Anjou.
L’investissement engagé par Alter Public qui a acquis le bâtiment en 2020 auprès de particuliers avoisine le million d’euros, une dépense inscrite dans le cadre du projet de renouvellement urbain de Monplaisir.
L’opération vise à aménager dans ces murs un centre de santé inclusif, à orientation gynécologique. Il sera géré par la Maison Olympe, une association qui fonctionne depuis octobre 2023 dans des locaux provisoires, près de la Maison pour tous, 500 mètres plus loin.
Ce logis cossu du XVe siècle, peu remanié, offrira à ses médecins, sages-femmes, infirmières, assistantes médicales et sociales un espace d’accueil et six salles de consultation, jusqu’au deuxième étage accessible grâce à un élévateur.
Les annexes seront également rénovées pour y animer des ateliers d’estime de soi.
Seule la chapelle de 1572, inscrite à l’inventaire des monuments historiques et restaurée en 1996, ne figure pas dans le périmètre d’intervention, un peu moins 300 m² de surface habitable au total.
Source : Le Courrier de l'Ouest