Parodiant le chanteur Francis Cabrel, pour le maire Dominique Bréjeon, « tout n’est qu’une question d’équilibre ». Et cet équilibre il a su l’obtenir dans la ZAC La Reux qui s’achève. Équilibre sur la forme, offrant maisons de ville, habitat intermédiaire, collectifs pas trop hauts (R + 3 + attique au plus haut) et verdure accentuée ; équilibre sur le fond, en permettant la location sociale, la location-accession et l’accession privée.
Pont de situation du quartier. | INFOGRAPHIE CO
La commune est cernée
Saint-Barthélemy-d’Anjou est cernée par des impératifs : l’autoroute A85 et la Départementale 347 sur le nord, des zones humides et une lanière verte à l’est, la voie ferrée et les ardoisières au sud… Il ne reste véritablement que la partie ouest de la commune pour se développer, en direction d’Angers. Gérard Pilet, maire de 2001 à 2006, y avait pensé, imaginant ce grand secteur à urbaniser. Le flambeau a été repris par l’équipe de Jean-François Jeanneteau (maire de 2006 à 2014). Et, dans la lignée, Dominique Bréjeon, maire actuel, a presque finalisé avec ses équipes, ce nouveau quartier de La Reux.
En cette fin d’année 2025, on voit le bout de ce vaste chantier. Le temps des collectivités territoriales n’est pas celui du commun des mortels ! À terme, le secteur comptera 700 logements. 587 sont déjà livrés habités et 70 sont en chantier. Il en reste une quarantaine encore en étude.
Les Beaux jours en construction
Sur le plan de masse, il resterait quatre îlots à affecter. Finalement, il n’y en aura que deux (voir notre infographie). Le terrain libre près du restaurant n’est pas affecté. Le quadrilatère au plus près des installations de l’entreprise Les Vergers d’Anjou, ne sera pas urbanisé et sera transformé en espaces verts en continuité du bosquet conservé en rive de la route d’Angers.
Justement, près dudit bosquet et en rive de la route, un bailleur est en étude d’un projet qui mêlera accession sociale et accession libre. Enfin, quasiment au cœur du quartier, le bailleur Soclova construit actuellement deux résidences Les Beaux jours, un programme à double destination : une résidence services de 54 logements pour seniors autonomes en locatif libre « abordable », et une résidence de 16 logements en locatif social destinée à des familles ou à de jeunes actifs. Le projet senior va au-delà du simple logement. Le gestionnaire Kazalis assurera une présence tous les jours et 24 heures sur 24 heures, avec un accueil, une proposition de restauration au quotidien, des animations et un accompagnement administratif. Livraison en 2026. Encore un plus, alors que le quartier possède également une résidence pour les jeunes actifs de type appart hôtel, ou encore une résidence possédant un espace commun partagé, Cocoon’Âges, permettant aux habitants de se retrouver et d’y monter diverses activités.
Les espaces verts et les liaisons douces sont nombreux dans ce nouveau quartier. | CO
Près des entrepôts des Vergers d’Anjou, la parcelle ne sera pas urbanisée et transformée en espace vert. | CO
« Un quartier ne doit jamais être fermé sur lui-même »
En font de périmètre, le long du merlon séparant le quartier de la bretelle de sortie de l’A85 et à droite des jardins familiaux, l’espace restera vert. « Un quartier ne doit jamais être fermé sur lui-même », explique Dominique Bréjeon. « Il n’y a aucun projet et je laisserai l’équipe suivante y réfléchir » (Dominique Bréjeon ne briguera pas de nouveau mandat en mars prochain N.D.L.R.). « Toutefois, nous sommes en rive des Rangeardières, que les propriétaires pourraient vendre, et la Ville est déjà propriétaire de quelques parcelles dans ce secteur. » Une autre phase de La Reux pourrait également s’imaginer lors du départ de l’entreprise Les Vergers d’Anjou. Les orientations d’aménagement et de programmation (OAP) du PLUi englobent depuis l’origine cette surface occupée par l’entreprise arboricole.
Dominique Bréjeon, Thierry Tastard, l’adjoint à l’urbanisme, et les équipes en place depuis 2014 peuvent se féliciter du travail effectué ici, « densifier pour être en accord avec les objectifs du PLUi, tout en gardant chevillée la volonté de protéger le cadre de vie, de conserver cet esprit de nature en ville. Nous questionnons les espaces verts, la préservation des arbres existants et les stationnements à chaque projet. »
Trois étages plus un attique sont les hauteurs maximales de ce quartier La Reux. | CO
Un nombre d’élèves en augmentation
Et ça matche. On se bouscule pour posséder l’un des jardins familiaux, les liaisons douces et les venelles donnent des espaces de respiration et de circulation apaisée, le terrain multisport est dans la verdure assez loin des premières habitations. « Nous souhaitions une mixité des âges des habitants et des types de logements, poursuit Thierry Tastard. Nous y sommes arrivés. La bonne preuve est l’augmentation du nombre d’élèves - vingt déjà annoncés pour septembre prochain - , alors que la courbe nationale est inverse. »
Dans cette ZAC, il reste une cellule commerciale à occuper. Un caviste devrait s’y installer. Anjou Loire Territoire, mandaté pour être l’opérateur de cette ZAC, devrait en rendre les clés en 2027. Pour l’heure, la Ville a déboursé 3 638 000 euros de participation.
Cordelle et voie verte achevés
La ZAC La Reux était associée au projet Cordelle de l’autre côté de la route d’Angers. Là, il s’agissait de penser la ville sur la ville. Ce projet, essentiellement de maisons individuelles, est achevé. Dans ce secteur à droite en venant d’Angers, deux promoteurs sont encore en travaux, Gambetta et Eiffage. Nous ne sommes pas loin de l’ancienne voie ferrée, devenue voie verte. Celle-ci porte cyclistes et piétons jusqu’au jardin du Mail à Angers. « Cette voie se poursuit jusqu’au parc de Pignerolle et est pensée pour rejoindre le futur centre pénitentiaire », conclut Dominique Bréjeon. »